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  • Juste Ferrat, Paroles

    607addd584f6d8d85bc93223548118d9.jpgJean Ferrat ? un poéte, compositeur, musicien, parolier de talent qui nous fait vibrer avec ses chansons d'auteur.

    Né à Vaucresson dans les Hauts-de-Seine 1930, mort le 13 mars 2010 à Antraigues-sur-Volane en Ardèche où il habitait depuis 40 ans, fils d'un joaillier juif déporté lors de ses 11 ans et mort à Auschwitz, sauvé  lui-même grâce à des partisants communistes, Jean Ferrat est connu pour être un chanteur engagé soutenant l'idée du communisme et  interdit sur les ondes de télévision et de radio de 1960 à 1970, période de la guerre froide.

    Mais un chanteur qui a du coeur, n'est ce pas  ce à quoi aspire une foule sentimentale  ? Un chanteur comme on en fait plus, de la trempe de Brassens et de Brel, qui nous déclame ses belles paroles, planté comme un "I" sur la scène, immobile, sans musique perturbatrice, juste un homme seul et fier qui nous crie sa colère, sa vengeance, son amour, sa haine, ses regrets, un flot vrai époumoné d'une voix grave et profonde, nous stigmatisant et faisant vibrer nos entrailles,  compressant nos coeurs et laissant éclore une larme ... que c'est prenant la chanson d'un poète engagé !

    Souvenirs d'enfance dans les camps - d'ados - , chansons reprises à la guitare autour d'un feu de bois, à reécouter ou à découvrir, merci  Jean Ferrat.

    Interprétations Jean Ferrat.
    Nuit et Brouillard
    Ma France
    La Montagne
    Potemkine

    Paroles Nuit et Brouillard Jean Ferrat.

    Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
    Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
    Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
    Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

    Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
    Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
    Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
    Ils ne devaient jamais plus revoir un été

    La fuite monotone et sans hâte du temps
    Survivre encore un jour, une heure, obstinément
    Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
    Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir

    Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
    Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
    D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel
    Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

    Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage
    Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
    Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
    Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

    Les Allemands guettaient du haut des miradors
    La lune se taisait comme vous vous taisiez
    En regardant au loin, en regardant dehors
    Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

    On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
    Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
    Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
    Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare

    Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
    L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
    Je twisterais les mots s'il fallait les twister
    Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

    Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
    Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
    Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
    Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent.

     

    Paroles Potemkine Jean Ferrat.

    M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
    Qui chante au fond de moi au bruit de l'océan
    M'en voudrez-vous beaucoup si la révolte gronde
    Dans ce nom que je dis au vent des quatre vents

    Ma mémoire chante en sourdine
    Potemkine

    Ils étaient des marins durs à la discipline
    Ils étaient des marins, ils étaient des guerriers
    Et le cœur d'un marin au grand vent se burine
    Ils étaient des marins sur un grand cuirassé

    Sur les flots je t'imagine
    Potemkine

    M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
    Où celui qui a faim va être fusillé
    Le crime se prépare et la mer est profonde
    Que face aux révoltés montent les fusiliers

    C'est mon frère qu'on assassine
    Potemkine

    Mon frère, mon ami, mon fils, mon camarade
    Tu ne tireras pas sur qui souffre et se plaint
    Mon frère, mon ami, je te fais notre alcade
    Marin ne tire pas sur un autre marin

    Ils tournèrent leurs carabines
    Potemkine

    M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
    Où l'on punit ainsi qui veut donner la mort
    M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
    Où l'on n'est pas toujours du côté du plus fort

    Ce soir j'aime la marine
    Potemkine

    Paroles Ma France Jean Ferrat.

    De plaines en forêts de vallons en collines
    Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
    De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
    Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson
    Ma France

    Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
    Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
    Quelque chose dans l'air a cette transparence
    Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
    Ma France

    Cet air de liberté au-delà des frontières
    Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
    Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
    Elle répond toujours du nom de Robespierre
    Ma France

    Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
    Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
    Celle qui construisit de ses mains vos usines
    Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
    Ma France

    Picasso tient le monde au bout de sa palette
    Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
    Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
    De dire qu'il est temps que le malheur succombe
    Ma France

    Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
    Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
    En remplissant l'histoire et ses fosses communes
    Que je chante à jamais celle des travailleurs
    Ma France

    Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
    Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
    Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
    A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
    Ma France

    Qu'elle monte des mines descende des collines
    Celle qui chante en moi la belle la rebelle
    Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
    Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
    Ma France

    Paroles La Montagne Jean Ferrat.

    Ils quittent un à un le pays
    Pour s'en aller gagner leur vie
    Loin de la terre où ils sont nés
    Depuis longtemps ils en rêvaient
    De la ville et de ses secrets
    Du formica et du ciné
    Les vieux ça n'était pas original
    Quand ils s'essuyaient machinal
    D'un revers de manche les lèvres
    Mais ils savaient tous à propos
    Tuer la caille ou le perdreau
    Et manger la tomme de chèvre

    Pourtant que la montagne est belle
    Comment peut-on s'imaginer
    En voyant un vol d'hirondelles
    Que l'automne vient d'arriver ?

    Avec leurs mains dessus leurs têtes
    Ils avaient monté des murettes
    Jusqu'au sommet de la colline
    Qu'importent les jours les années
    Ils avaient tous l'âme bien née
    Noueuse comme un pied de vigne
    Les vignes elles courent dans la forêt
    Le vin ne sera plus tiré
    C'était une horrible piquette
    Mais il faisait des centenaires
    A ne plus que savoir en faire
    S'il ne vous tournait pas la tête

    Pourtant que la montagne est belle
    Comment peut-on s'imaginer
    En voyant un vol d'hirondelles
    Que l'automne vient d'arriver ?

    Deux chèvres et puis quelques moutons
    Une année bonne et l'autre non
    Et sans vacances et sans sorties
    Les filles veulent aller au bal
    Il n'y a rien de plus normal
    Que de vouloir vivre sa vie
    Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
    De quoi attendre sans s'en faire
    Que l'heure de la retraite sonne
    Il faut savoir ce que l'on aime
    Et rentrer dans son H.L.M.
    Manger du poulet aux hormones

    Pourtant que la montagne est belle
    Comment peut-on s'imaginer
    En voyant un vol d'hirondelles
    Que l'automne vient d'arriver ?

    verÔ.

    Catégories : Reportage, Vive la culture Lien permanent 0 commentaire